Les jeux et paris ne relèvent pas seulement des licences et de la protection des joueurs. Dans son rapport du 9 septembre 2026, le GAFI décrit la manière dont les casinos, paris sportifs et plateformes en ligne peuvent être combinés avec des comptes bancaires, cartes prépayées, portefeuilles électroniques, mobile money et cryptoactifs pour déplacer rapidement des fonds. Ce rapport expose des typologies et de bonnes pratiques ; il ne constitue pas une nouvelle norme obligatoire.
1. Un écosystème de paiement devenu transfrontalier
La numérisation des jeux rapproche les opérateurs de multiples intermédiaires financiers. Un même parcours peut associer banque, établissement de paiement, portefeuille mobile, carte prépayée et actif virtuel, parfois dans plusieurs États.
Cette fragmentation peut compliquer l’identification de l’origine des fonds, du bénéficiaire effectif et de la cohérence économique des opérations.
2. Les principaux indicateurs recensés
Le GAFI invite les professionnels à rechercher des combinaisons de signaux plutôt qu’à tirer une conclusion d’un événement isolé.
- Dépôts suivis de retraits sans activité de jeu significative
- Paiements provenant de tiers ou retraits vers un moyen différent de celui utilisé à l’entrée
- Comptes multiples partageant un appareil, une adresse IP ou un instrument de paiement
- Incohérences entre résidence déclarée, géolocalisation et adresse IP
- Utilisation combinée du mobile money, de portefeuilles électroniques et de cryptoactifs
3. Structures et opérateurs à risque accru
Les structures en marque blanche, les opérateurs offshore non licenciés et les montages masquant les bénéficiaires effectifs augmentent le risque lorsque les responsabilités de conformité sont mal réparties.
Les contrats doivent préciser qui réalise l’identification, la surveillance, le traitement des alertes, les déclarations et la conservation des éléments probatoires.
4. Un indicateur ne constitue pas une preuve
Un VPN, un paiement de tiers ou un retrait rapide peut avoir une explication légitime. Les alertes doivent être contextualisées, rapprochées du profil du client et examinées par une personne compétente.
La surveillance doit rester proportionnée et respecter les règles applicables à la protection des données, notamment pour l’usage des données d’appareil, d’adresse IP et de géolocalisation.
5. Mesures opérationnelles
Banques, fintechs, opérateurs et régulateurs devraient actualiser leurs cartographies de risques, scénarios de surveillance et procédures d’escalade. Les tests doivent couvrir les flux entre plusieurs canaux et vérifier la capacité à reconstituer le parcours des fonds.
- Cartographier les moyens de paiement et pays impliqués
- Contrôler licences, bénéficiaires effectifs et partenaires en marque blanche
- Détecter les dépôts et retraits sans jeu économique cohérent
- Documenter l’analyse humaine des alertes et des faux positifs
- Encadrer l’accès aux données et leur durée de conservation
Les nouvelles typologies du GAFI doivent conduire à une surveillance plus transversale, non à un soupçon automatique. L’objectif est de relier les signaux issus du jeu, des paiements et de l’identité afin de détecter les schémas réellement incohérents, tout en maintenant une analyse proportionnée et documentée.
Sources
Cette publication présente une information générale et ne constitue pas une consultation juridique. Chaque situation doit faire l’objet d’une analyse individualisée.